Master2 Réalisation


Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 16:27

 

 

Claudio Pazienza - Lussas novembre 2010

Novembre 2010 / Claudio Pazienza prépare un agneau en croute d'herbes aux étudiants du Master et a concocté des exercices pour les étudiants du Master.

 

« Les haïkus portent souvent sur les saisons et le cycle de la vie. Ils s’intéressent à l’agitation de la nature cosmique et projetaient quelque chose sur la vérité des hommes en faisant surgir une image forte entre le 2° et le 3° ver ». Exercice en 3 plans en tournées montés.

 

« En trois lignes d’observation, ces poètes japonais savaient exprimer leur rapport à la réalité. Ils ne faisaient pas qu’observer, mais en sondaient avec calme, sans vaine agitation, le sens éternel. Plus l’observation est précise, plus elle est unique, et plus elle se rapproche de l’image. Dostoïevski disait avec raison que la vie est bien plus fantastique que la fiction ». Andreï Tarkovski dans Le temps scellé, Cahiers du cinéma, Paris, 1989

 



Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 08:43

 

Eliane Delatour est anthropologue et cinéaste de films documentaires (Comptes et contes de la cour) et de fictions. Bronx-Barbès et Après l'océan ont été écrits à partir d'un long travail d'enquête anthropologique, le scénario de fiction prenant en charge du côté de la mise en scène la somme, complexité et la "vérité" du travail scientifique.

 

 

Pour Abel Gance, “ ce qui compte, ce n'est pas l'image; l'image n'est que l'accessoire du film. Ce qui compte, c'est l'âme de l'image.” L’accent est mis sur la fidélité à ce que l’on ressent plus qu’à la fidélité aux apparences de l’objet qui suscite ces sentiments. C’est de l’intérieur que la réalité se découvre, donnant une impression de connaissance dans le partage. On a souvent opposé l’art et la science qui pourtant participent d’un même mouvement : aller des apparences à l’invisible, du connu à l’inexploré en passant pas l’interprétation. Les sciences sociales s’enrichissent aussi bien de l’expression romancée que d’essais ou de livres théoriques. Zola, Balzac… ont autant contribué à la connaissance sociale de leur siècle que la sociologie ou l’histoire. Ne pourrait-on renverser le problème et dire que le gage d'un bon travail anthropologique serait de pouvoir tirer un scénario de fiction qui fonctionnerait de bout en bout puisqu’il s’appuie sur l’analyse minutieuse des pensées et des comportements humain ?


Eliane Delatour

 

Extrait de l'article "Voir dans l'objet". Documentaire, fiction, anthropologie qu'Eliane Delatour a transmis aux étudiants du Master en préparation du cours "Cinéma et anthropologie" les 21 et 22 octobre, à Grenoble (université Grenoble 3).

 


Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 21:38

Aujourd’hui programmatrice à la Mostra de Venise, Marie-Pierre Duhamel Muller est à l’origine du programme pédagogique du Master 2 Documentaire de création avec Jean-Marie Barbe (Ardèche Images) et Jean-louis Alibert (Grenoble 3). Programme qui est basé sur la pratique de réalisation documentaire et la pensée sur cette pratique. Marie-Pierre Duhamel Muller est intervenu pendant 2 jours à Grenoble auprès des étudiants du Master.


« Je pense qu’il faut encore raconter qu’un film, ça se fabrique, afin que le public conquière un supplément d’espace critique devant les images. Cette démarche est essentielle si l’on veut vraiment que les spectateurs prennent du champ devant l’objet film, qui est un concentré de sensibilité, d’imaginaire et de pensée comportant ses zones opaques, ses actes délibérés, ses maniements et sa mise en scène : proposer au public de mettre cela en discussion avec les cinéastes, c’est renforcer sa liberté de regard (…). Le cinéma est l’un des plus extraordinaires modes de récit du siècle, et moins on sait comment il est fait, plus on s’éloigne de ce qui le fait surgir ». 

 Entretien avec Marie-Pierre Duhamel-Müller, L’Humanité du 9 mars 2005 à propos du Cinéma du réel dont elle a été directrice artistique.

 


Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 21:58

François Niney est intervenu à Grenoble les 20, 21, 22 septembre 2010 auprès des étudiants du Master.


            Le cinéma est à la fois fiction (un plan de chien enragé ne mord pas) et documentaire (tout film documente au moins ses acteurs en train de jouer). Mais bien évidemment la visée documentaire diffère considérablement de celle de la fiction. La vérité historique n'est pas du même ordre (de production, de croyance) que la vérité dramatique ; elles ne réfèrent pas au monde de la même façon (même si elles peuvent se mêler) et ne relèvent pas du même geste, de la même intention (ni donc de la même réception).

 
La nature documentaire du cinéma, de la prise de vue comme prise de vie, engage deux ordres de questionnement :
1) la question de la réalité et de la vérité à l'écran vis à vis du spectateur ;
2) la question de la relation filmeur/filmé, des conditions et directives de tournage, qui vont elles-mêmes guider (tromper ou détromper) la croyance du spectateur. Car filmer, plus spécialement en documentaire, ce n'est pas seulement représenter, c'est aussi agir directement sur le monde et ses protagonistes ; en documentaire bien plus qu'en fiction, la relation entre l'action du filmeur et les actions des filmés (au tournage comme au montage) est non seulement le moteur du film, mais partie intégrante de son motif et de son sens. Si en fiction, selon l'adage godardien, "un travelling c'est une question de morale" (comme on dirait "le style c'est l'homme"), en documentaire "la morale est bien une question de travelling" (citation moins connue mais antérieure de Luc Moulet), dans la mesure où on ne filme pas les personnages d'une histoire (une représentation au sens théâtral et une vision d'auteur) mais l'histoire des gens, qui valent et répondent d'eux-mêmes devant la caméra, et le documentariste doit répondre de leur présentation. C'est pourquoi nous parlerons ici d'analyse "esth-éthique", au sens où la compréhension du documentaire exige une critique pragmatique en plus d’une analyse sémiologique (ou iconique).

 
        
Pendant trois journées nous passerons donc en revue, dans une perspective non pas académique mais "esth-éthique", les principales formes, manières, méthodes, dispositifs, styles, inventés par les documentaristes, tout au long de l'histoire du cinéma, pour appréhender le réel, ou disons plus modestement certains aspects de la réalité, et en rendre ou tirer certaines vérités. (Vérités, remarquons le en pensant au remontage d'archives, toujours sensibles au devenir).

           
Extraits de films projetés :


 1) Introduction : Entre réel et fiction

- « Collision frontale », de Marcel Lozinski (Pologne, 1971)

- « Salam Cinema », de Mohsen Makhmalbaf (Iran, 1995)

- « The Thin Blue Line » (Le dossier Adams) d’Errol Morris (USA, 1988)

 

2) "La vie sur le vif" ?

- "Lumière ou le cinéma à vapeur" d'André Labarthe (France, 1995)

- "Sortie d'usines", de Harun Farocki (Allemagne, 1993)

- "Nanook", de Robert Flaherty (USA, 1921)

- "L'homme à la caméra", de Dziga Vertov (URSS, 1929)

- "Les hommes le dimanche", de Robert Siodmack et Edgar Ulmer (Allemagne, 1929)



3) Propagande, reconstitution, remontage et démontage

- "Night Mail", de Basil Wright et Harry Watt (prod.John Grierson, 1936)

- "Sachez reconnaître votre ennemi : le Japon", de F. Capra et Joris Ivens (USA, 1944)

- "Les statues meurent aussi", d'Alain Resnais et Chris Marker (France, 1950)

- "Hiroshima mon amour", d'Alain Resnais (1959)

- "Radio Bikini", de Robert Stone (USA, 1984)

- "Hiroshima", docu-fiction de Paul Wilmhurst (BBC, 2005)

- "La bombe" (The War Game), de Peter Watkins (BBC, 1966)

- "Missile", de Fred Wiseman (USA, 1987)

- "Fog of War", d'Errol Morris (USA, 2003)



4) La voix de son maître, la voix-je et la voix des autres

- « Les maitres fous » de Jean Rouch (France, 1954)

- « Sans soleil » de Chris Marker (France, 1982)
-
« Chronique d’un été » de Jean Rouch et Edgar Morin (France, 1961)

- « Le joli mai » de Chris Marker (France 1962)

- « La dame lavabo » d’Alain Cavalier (France, 1988)

- « La jungle plate » de Johan van der Keuken (Pays-Bas, 1978)

- « Route One » de Robert Kramer (France, 1988)

 

5) L'archive et la reprise de vues

- « Nuit et brouillard », d’Alain Resnais et Jean Cayrol (France, 1954)

- « Mother Dao, chronique coloniale » de Vincent Monnikendam (Pays Bas, 1992)

- « Volkswagen Komplex » de Hartmut Bitomski (Allemagne, 1984)

- « Récits d’Ellis Island », de Georges Pérec et Robert Bober (France, 1980)

- « Le cas Howard Phillips Lovecraft », de Trividic et Bernard (France, 1998)

- « Veillées d’armes », de Marcel Ophuls (France, 1992)

Images Aléatoires

  • tournage
  • projections des films de fin d'études 2009
  • tournage
  • Atelier de réalisation 2008
  • tournage
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