Dimanche 22 novembre 2009
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Dessins Alexis Jacquand
Les étudiants du Master 2 ont découvert les outils accompagnés par Frédérick De Ravignan à la perche, Rémon Fromont à la caméra et Florence Bon au montage. Rémon est
directeur de la photographie pour Chantal Ackerman ou Claudio Pazienza, Frédérick De Ravignan travaille sur des longs-métrages de fiction comme sur des films documentaires, Florence Bon est réalisatrice et monteuse.
L'initiation technique se concentre sur le rapport entre les questions de la réalisation documentaire et ses
outils. Les étudiants s'exercent aux déplacements de la perche, à contrôler les effets de
lumière à partir d'une source naturelle, à cadrer en mouvement... Comment construire un regard
non pas en filmant un mouvement mis en scène mais en filmant le déplacement d’un mouvement observé ? : Il s'agit de décider quand s’immobiliser, d’une durée, de construire des ellipses ou de
repartir « en direct »...Comment passer les portes ? Suivre un personnage ou le précéder ? Filmer le déplacement de deux personnes qui parlent : comment se rapprocher ? Comment marcher ensemble ?
Comment on se place à deux ?
Robert Kramer, à propos du film Starting place (1993) : "J'ai pu progresser sur la question cinématographique qui me parait essentiel: aller d'un point à un autre
avec de la distance sans pour autant perdre tout le monde."
Rémon Fromont, photo Tomas Astudillos (10° promo)
Mardi 20 octobre 2009
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Rencontre entre Alain Cavalier et les étudiants du Master 2 documentaire de création et ceux de l'école d'Art
de Grenoble : "Je suis devenu très tard instrumentaliste et vous vous êtes nés instrumentalistes. Ce matériel léger et économique m'a permis de me mettre en dehors de la pression de
l'argent"...
Puis Alain Cavalier a présenté son dernier film, "Irène", au cinéma Le Méliès : Dans une réconciliation entre
l'écrit et le filmé, Alain Cavalier reprend son journal écrit en 1970-71 pour en faire un journal filmé. Il parle de la disparition accidentelle de sa femme, Irène, juste avant de tourner le film
qu'ils avaient convenu de faire ensemble sur les difficultés de leur couple. Le cinéaste se souvient "au jour le jour" après plus de 30 ans d'absence.
A lire : un entretien avec Alain Cavalier à l'occasion de la sortie d'Irène.
A voir : Alain Cavalier filme sa caméra, sur le site de Pellicule ensorcelée.
A écouter : une table ronde avec Pedro Costa en juillet 2009.
Quelques sites de cinéastes :
Claudio Pazienza
Henri-François Imbert
et le site Camera war de Lech Kowalski
Des entretiens avec des cinéastes sur le site Cine-feuilles.
Mardi 20 octobre 2009
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Mercredi 21 octobre - Master 2 - Séminaire Cinéma et ethnologie
Je ne compte pas faire un exposé théorique sur le film ethnographique mais plutôt
1° confronter trois regards (un indien, l'autre chinois, le troisième français) sur une même réalité culturelle et amener à réfléchir sur ces différences de regards et d'écriture;
2° amener les étudiants à réfléchir sur ce que signifie filmer une réalité dont le sens vous échappe totalement et amène à reconsidérer la définition que chacun porte en soi de l'homme, une
position qui est aux antipodes et de l'idée de voyage et de l'idée d'exotisme. Filmer l'homme ne va jamais de soi.
Quelques lignes de présentation du déroulement de la journée :
1° La Vallée perdue de Lü Yue, Prix Nanouk du 10è Bilan du Film ethnographique (1987/1989), sur les marches tibétaines dans le Yunnan. Lü Yue est un cinéaste de la 5è génération, camarade de classe
de Zhang Yimou et chef opérateur de Vivre et Shaghai Triade, nominé aux Oscars pour ce dernier film et Palme de la photographie à Cannes. Lü Yue a par ailleurs reçu le léopard d'or à Locarno pour
son film de fiction Monsieur Zhao.
J'avais travaillé avec lui sur le montage de son film.
2° The Listener's Tale -- l'histoire du Sikkim, la porte entre l'Inde et le Tibet, film indien, primé au cinéma du Réel en 2008 (Prix de la Fondation Perrault), Film poétique, dont le formalisme
n'exclut pas la rigueur du propos. (2007)
3° Mon propre film, la guerre de l'eau, un conflit de 30 ans entre deux villages tibétains de l'Amdo où derrière cette guerre avortée c'est toute l'organisation sociale et politique, les rapports
de la Chine et du Tibet qui se profilent dans un contexte concret. (1999/2005)
Les étudiants de la 10° promo devant l'Institut de la Communication et des Médias à Echirolles - Université Grenoble 3 -
La période grenobloise de la formation se termine fin octobre. Ils se préparent à déménager à Lussas. photo : V.Sorrel
Dimanche 20 septembre 2009
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"Il est possible d'écrire quelque chose du documentaire. Combattons cette idée toute faite que c'est une grâce
que le réel envoie, qu'il n'y a pas à écrire puisque la grâce du réel va planer délicieusement vers la pellicule. Non, ça s'écrit et écrire c'est peut-être tout simplement regarder ce qu'on pense
un peu en face, sortir ce qu'on pense de sa tête pour le regarder et puis pour voir si on en obtient des images, des sons et du désir des autres. Le documentaire n'est pas le lieu des grâces non
écrites. Le principe est au fond le même qui préside à la question de la réalisation, il faut toujours savoir ce qui fait qu'on est là, qu'on veut être là et surtout ce qui garantit que ce désir
d'être là est essentiel, à un moment de sa vie, et ce désir ne fait que se renforcer au fur et à mesure de la réflexion sur le futur film." Extrait de l'entretien avec Marie-pierre
Duhamel-Muller paru, en 2001, dans la revue Images documentaires Le cinéma documentaire à l'université, à propos de la création du Master Grenoble / Lussas.
Dans le catalogue de Cinéma du réel 1982, Serge Daney écrit ces lignes à la mémoire de Jean Eustache : « Le documentariste
ne montre pas ce qui est, mais comment c’était. Comment c’était une seconde avant qu’il n’enclenche la caméra. Son art est à l’imparfait. Et son imperfection, c’est de ne pas savoir comment va
évoluer ce qu’il filme. Si c’est un vrai documentariste, il n’en sait rien. Sinon, c’est un documenteur, ou un documentaliste. L’évolution, c’est la grande affaire de la fiction quand elle invente
à toute vitesse des destins aux choses. Le documentariste voit les choses sans recul, il est seulement sensible à leur devenir. Nuance.»