Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 21:38

Aujourd’hui programmatrice à la Mostra de Venise, Marie-Pierre Duhamel Muller est à l’origine du programme pédagogique du Master 2 Documentaire de création avec Jean-Marie Barbe (Ardèche Images) et Jean-louis Alibert (Grenoble 3). Programme qui est basé sur la pratique de réalisation documentaire et la pensée sur cette pratique. Marie-Pierre Duhamel Muller est intervenu pendant 2 jours à Grenoble auprès des étudiants du Master.


« Je pense qu’il faut encore raconter qu’un film, ça se fabrique, afin que le public conquière un supplément d’espace critique devant les images. Cette démarche est essentielle si l’on veut vraiment que les spectateurs prennent du champ devant l’objet film, qui est un concentré de sensibilité, d’imaginaire et de pensée comportant ses zones opaques, ses actes délibérés, ses maniements et sa mise en scène : proposer au public de mettre cela en discussion avec les cinéastes, c’est renforcer sa liberté de regard (…). Le cinéma est l’un des plus extraordinaires modes de récit du siècle, et moins on sait comment il est fait, plus on s’éloigne de ce qui le fait surgir ». 

 Entretien avec Marie-Pierre Duhamel-Müller, L’Humanité du 9 mars 2005 à propos du Cinéma du réel dont elle a été directrice artistique.

 


Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 21:58

François Niney est intervenu à Grenoble les 20, 21, 22 septembre 2010 auprès des étudiants du Master.


            Le cinéma est à la fois fiction (un plan de chien enragé ne mord pas) et documentaire (tout film documente au moins ses acteurs en train de jouer). Mais bien évidemment la visée documentaire diffère considérablement de celle de la fiction. La vérité historique n'est pas du même ordre (de production, de croyance) que la vérité dramatique ; elles ne réfèrent pas au monde de la même façon (même si elles peuvent se mêler) et ne relèvent pas du même geste, de la même intention (ni donc de la même réception).

 
La nature documentaire du cinéma, de la prise de vue comme prise de vie, engage deux ordres de questionnement :
1) la question de la réalité et de la vérité à l'écran vis à vis du spectateur ;
2) la question de la relation filmeur/filmé, des conditions et directives de tournage, qui vont elles-mêmes guider (tromper ou détromper) la croyance du spectateur. Car filmer, plus spécialement en documentaire, ce n'est pas seulement représenter, c'est aussi agir directement sur le monde et ses protagonistes ; en documentaire bien plus qu'en fiction, la relation entre l'action du filmeur et les actions des filmés (au tournage comme au montage) est non seulement le moteur du film, mais partie intégrante de son motif et de son sens. Si en fiction, selon l'adage godardien, "un travelling c'est une question de morale" (comme on dirait "le style c'est l'homme"), en documentaire "la morale est bien une question de travelling" (citation moins connue mais antérieure de Luc Moulet), dans la mesure où on ne filme pas les personnages d'une histoire (une représentation au sens théâtral et une vision d'auteur) mais l'histoire des gens, qui valent et répondent d'eux-mêmes devant la caméra, et le documentariste doit répondre de leur présentation. C'est pourquoi nous parlerons ici d'analyse "esth-éthique", au sens où la compréhension du documentaire exige une critique pragmatique en plus d’une analyse sémiologique (ou iconique).

 
        
Pendant trois journées nous passerons donc en revue, dans une perspective non pas académique mais "esth-éthique", les principales formes, manières, méthodes, dispositifs, styles, inventés par les documentaristes, tout au long de l'histoire du cinéma, pour appréhender le réel, ou disons plus modestement certains aspects de la réalité, et en rendre ou tirer certaines vérités. (Vérités, remarquons le en pensant au remontage d'archives, toujours sensibles au devenir).

           
Extraits de films projetés :


 1) Introduction : Entre réel et fiction

- « Collision frontale », de Marcel Lozinski (Pologne, 1971)

- « Salam Cinema », de Mohsen Makhmalbaf (Iran, 1995)

- « The Thin Blue Line » (Le dossier Adams) d’Errol Morris (USA, 1988)

 

2) "La vie sur le vif" ?

- "Lumière ou le cinéma à vapeur" d'André Labarthe (France, 1995)

- "Sortie d'usines", de Harun Farocki (Allemagne, 1993)

- "Nanook", de Robert Flaherty (USA, 1921)

- "L'homme à la caméra", de Dziga Vertov (URSS, 1929)

- "Les hommes le dimanche", de Robert Siodmack et Edgar Ulmer (Allemagne, 1929)



3) Propagande, reconstitution, remontage et démontage

- "Night Mail", de Basil Wright et Harry Watt (prod.John Grierson, 1936)

- "Sachez reconnaître votre ennemi : le Japon", de F. Capra et Joris Ivens (USA, 1944)

- "Les statues meurent aussi", d'Alain Resnais et Chris Marker (France, 1950)

- "Hiroshima mon amour", d'Alain Resnais (1959)

- "Radio Bikini", de Robert Stone (USA, 1984)

- "Hiroshima", docu-fiction de Paul Wilmhurst (BBC, 2005)

- "La bombe" (The War Game), de Peter Watkins (BBC, 1966)

- "Missile", de Fred Wiseman (USA, 1987)

- "Fog of War", d'Errol Morris (USA, 2003)



4) La voix de son maître, la voix-je et la voix des autres

- « Les maitres fous » de Jean Rouch (France, 1954)

- « Sans soleil » de Chris Marker (France, 1982)
-
« Chronique d’un été » de Jean Rouch et Edgar Morin (France, 1961)

- « Le joli mai » de Chris Marker (France 1962)

- « La dame lavabo » d’Alain Cavalier (France, 1988)

- « La jungle plate » de Johan van der Keuken (Pays-Bas, 1978)

- « Route One » de Robert Kramer (France, 1988)

 

5) L'archive et la reprise de vues

- « Nuit et brouillard », d’Alain Resnais et Jean Cayrol (France, 1954)

- « Mother Dao, chronique coloniale » de Vincent Monnikendam (Pays Bas, 1992)

- « Volkswagen Komplex » de Hartmut Bitomski (Allemagne, 1984)

- « Récits d’Ellis Island », de Georges Pérec et Robert Bober (France, 1980)

- « Le cas Howard Phillips Lovecraft », de Trividic et Bernard (France, 1998)

- « Veillées d’armes », de Marcel Ophuls (France, 1992)


Vendredi 25 juin 2010 5 25 /06 /Juin /2010 21:39

 

L'Atelier de Lussas a eu lieu du 20 septembre au 5 novembre 2010
Le prochain atelier se déroulera à l'automne 2011.

Voir les Articles du blog sur l'Atelier de Lussas.

 

Le film "Aller voir et rendre compte", a été réalisé en 2007 en cinéma super 8 par Solange Dulac pendant l'Atelier de Lussas, lors de l'expérience de la chambre noire dans le paysage animée par Suzanna Monteiro ou Julien Daniel.

 


 

Extrait d'un entretien avec Susana Monteiro de l'association "un atelier de cinéma quotidien" :
 
"Je suis entré dans la chambre noire et j’ai été fasciné par la nature de cette image, inversée haut-bas, droite-gauche. Peu importe l’image – c’était un citronnier - ce qui m’a intéressé c’était sa nature. Je me suis mis bille en tête dans l’idée de redresser cette image.

La chambre noire, aujourd'hui, qu'est-ce qu'on en fait ?

C'est outil privilégié pour être à l'intérieur de la caméra avant que l’image ne soit figée, où et quand c’est encore possible de la façonner et de l’éprouver physiquement en cherchant la distance, la place. Ça se dissipe, ça se précise… c’est flou… il y a le vent. Avec la chambre noire, on s’éloigne de la perception humaine, de ce que nos yeux ont l’habitude de regarder. On est plus loin quand on est dedans : tu recules alors tu as toujours besoin de te rapprocher… Tu commences toujours trop loin et tu t’approches toujours de ce que tu veux voir avec une vision plus large que ce que tu as l’habitude (une chambre noire, un sténopé voit à 180°).

C’est une recherche  pour venir petit à petit définir l’image sans la fixer. En habitant l’outil, cela créé une intimité avec l'expérience de la perception et de la fabrication de l’image là où l’outil technologique créé une distance et enregistre. On privilégie l'expérience au résultat. C'est un outil de construction de subjectivités : c’est pour ça qu'il ne sera jamais périmé.

Puis, tu plies ta tente, il n'y a plus d'image, elle n'est plus que dans ta tête".


Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 07:19

Le 1° juillet

 

Jean-Marie Barbe, réalisateur et producteur (Ardèche Images Production), fondateur des Etats Généraux du Film Documentaire, de l'éditeur Docnet ou de Film-documentaire.fr développera pendant une journée - dans un échange avec les étudiants - des perspectives de production, de diffusion et d'édition pour le cinéma documentaire et en particulier pour les projets de films des étudiants du Master 2.


Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 23:27


Les 4 et 5 mai 2010


Comment est-ce que l’on entend ? Comment le micro restitue-t-il le son ? Comment donner envie d’entendre ? Comment réactiver le désir d’écouter ? Comment penser le sonore ? jusqu’où peut-on le penser ? Qu’est-ce que je peux décider au préalable ? Par provocation, Daniel Deshays dit aux étudiants en parlant du son : « ce n’est pas une question de technicien, mais d’auteur. D’auteur "à la hauteur » de l'enjeu créatif de l'écriture du sonore dans son rapport à l'image.


Daniel Deshays, responsable de l'enseignement du son à l'ENSATT est l'auteur de Pour l'écriture du sonore, aux Editions Klincksieck


Ecoutez la conférence de Daniel Deshays sur le site de la BPI ou L'image du sonore sur le site Lemonde.fr


Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 22:37

 

David Yon

David Yon sur le balcon de la maison des formateurs, à Lussas.

 

Lundi 31 mai


David Yon présente aux étudiants le film qu'il a commencé à développer en écriture dans le cadre du master 2 à Lussas en 2005,et qu'il a fini de réaliser en 2009 : Les Oiseaux d'Arabie. Fragments d'une correspondance a notamment été sélectionné au FID de Marseille, aux  festivals Corsica.doc, à la Viennale 09,  Les écrans documentaires, Aux écrans du réel, Docs en courts, Rencontres internationales Paris-Berlin, Les inattendus...

 


Le site Derives.tv, présente le film, un extrait, des entretiens, des documents de travail, mais aussi le projet du film et le journal de bord du cinéaste.



Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 18:30

 

Marie-Elise Beyne, Eva Munyiri, Yves Bourgeay, Thomas Riera, Pierre Linguanotto et Vincent Baujon terminent la deuxième session de leur résidence d'écriture à Lussas.


Accompagnés par Jacques Deschamps et Marianne Fricheau, deux lecteurs, François-Xavier Drouet et Jean Breschand, sont intervenus ponctuellement sur leur projet de films.


Voir un article sur la résidence d'écriture

        un autre article


Pour penser son film en construction, Thomas Riera a dessiné sur les murs de la résidence une cartographie de son projet de film.

 

 

thomas

 

  Marianne Fricheau nous a montré une carte réalisée pour le tournage de la scène de l'avion, avec Gary Grant, dans La mort aux trousses (North by northwest), d'A. Hitchcock.


hitchmap


Samedi 27 mars 2010 6 27 /03 /Mars /2010 17:22

Dans la salle des fêtes de Lussas, les 11 étudiants du Master 2 ont montré leur film collectif aux musiciens de l'Harmonie qu'ils ont filmé, puis les musiciens ont joué pour tous.

 



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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 17:28

Les étudiants de la 10° promotion du Master 2 Documentaire de création ont filmé l'Harmonie de Vals-les-bains Aubenas. Dans le regard des étudiants, l'Harmonie, c'est être "justes ensemble". Un titre qui résonne avec le processus de création du film collectif tel qu'il est envisagé à Lussas :


"Pour qu'il y ait des fausses notes, il faut qu'il y ait des notes."

"Le premier sens d'harmonie en Grec, c'est les liens qui attachent les planches d'un navire et bien sûr, pour que le navire épouse les mouvements de la mer, il ne faut pas que les planches soient trop jointives donc les harmonies sont des liens approximatifs. Notre perception des fausses notes pourrait être le grincement des planches disjointes d'un bateau qui malgré tout tient l'eau"
Extrait du film, à travers les propos de Christian Doumet, auteur du livre "Grand art avec fausses notes".


Bienvenue


Ardèche Images propose des formations à l'écriture, la réalisation, la production et le Master 2 documentaire de création en partenariat avec l'Université Grenoble 3.


A Lussas, le documentaire est revendiqué comme acte  de création cinématographique essentiel à la construction et au renouvellement de notre regard sur le monde.

 


Se poser à plusieurs la question de la réalisation. en faire l'expérience à travers ce qui se fabrique et que l'on interroge : des films, des textes, de la parole. Mettre en commun ce que l'on ne sait pas forcément encore, sa pensée, son regard, sa pratique, qui se forgent d'être ainsi confrontés à ceux des autres.

Chantal Steinberg

logocanard

Inscriptions en cours

 

Les candidatures pour la Formation à l'écriture documentaire (Résidence de Lussas) qui aura lieu du février à avril 2012 sont ouvertes jusqu'en décembre 2011.  Voir le site d'Ardèche Images pour les conditions et le dossier. 

Master 2 Documentaire de création option réalisation et option production

La date limite pour le dépôt des dossiers de candidatures est fixée généralement à la dernière  semaine du mois d'Avril (voir les liens vers les sites de l’université et d’Ardèche Images ci-dessous). Les dossiers, disponibles sur le site à partir du mois de février,  sont constitués d'un formulaire  à télécharger qui permet aux candidats de décrire leurs parcours d'études et d'expériences (nous recrutons des candidats d'horizons très divers), d'une lettre de motivation argumentée et d'un projet de réalisation de film documentaire. Ce dossier artistique doit comprendre un résumé, une note d'intention (2 pages), un synopsis (6 à 10 pages) et une note de producteur pour l'option production. Le résumé (10 lignes à une demie page maximum) annonce le film en nous faisant rentrer dans l'histoire, du point de vue de l'auteur. Le synopsis donne à voir le film dans une continuité, avec ses lieux, ses personnages, sa temporalité. La note d'intention décrit à la fois le désir de film et ce qui va le rendre possible, elle développe le point de vue du réalisateur en donnant des éléments sur la démarche et la forme cinématographique envisagée : ces précisions peuvent porter sur le type de narration et les moyens techniques (son, montage, utilisation d'archives, entretiens, fil conducteur, structure narrative…).


L'équipe de l'école documentaire de Lussas peut être contactée pour répondre aux questions relatives à ce dossier artistique (04 75 94 05 31).


La formation est ouverte aux étudiants et aux adultes en formation continue, français ou étrangers possédant une bonne maîtrise de la langue française. Les candidats qui ont interrompu leurs études depuis plus de 3 ans sont accompagnés dans leur démarche par le bureau REVA du service de la formation continue de l’Université Grenoble 3 (Tél. : +33 (0)4 76 82 43 18 ou fc-reva@u-grenoble3.fr) ainsi que les salariés en Congé Individuel de Formation qui peuvent aussi obtenir le financement de leur formation.

Pour être candidat au Master 2 il faut être  titulaire d'un diplôme équivalent Bac+ 4. Les candidats non titulaires d'un Master 1 ou d'un diplôme de niveau équivalent mais qui peuvent  justifier d'expériences professionnelles ou artistiques peuvent obtenir une validation des acquis (VAPP) pour être candidat. Ces dossiers spécifiques doivent être retirés et déposés auprès du bureau de la formation continue (généralement début avril) en parallèle du dossier de candidature commun à tous les canddiats.

Une première sélection des candidatures est faite sur dossier, puis une vingtaine de candidats sont autorisés à se présenter aux entretiens qui ont lieu début juin (les dates et les résultats seront affichés sur la page de la formation du site de l'université Grenoble 3).

La formation commence pendant les Etats Généraux du Film Documentaire la 3° semaine du mois d'août, puis de début septembre à Grenoble jusqu'à fin octobre, de novembre à juillet à Lussas pour l'option réalisation, de novembre à mars à Lussas pour l'option porduction puis les étudiants suivent un stage de production exécutive.

Pour information, les droits universitaires d'inscription à l'université Stendhal s'élevaient en 2010 à 194 euros 50 pour les étudiants non boursiers.

Pour tous renseignements relatifs aux candidatures ou à l'inscription à l'université, vous pouvez contacter Vincent Sorrel



Images Aléatoires

  • projection des films de fin d'études 2009
  • Atelier de réalisation
  • projection des films de fin d'études 2009
  • histoire du documentaire 2007
  • 7° promo du Master 2

Contacts

école documentaire
Ardèche Images 07170 Lussas

04 75 94 05 31

 

Contact : Armelle Sèvre
Direction : Chantal Steinberg


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