Samedi 16 janvier 2010
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1, 2, 3 février
Directeur de la photographie et cinéaste, Denis Gheerbrant, fondateur de l'Addoc a réalisé de
nombreux films dont La république Marseille (2009), La vie est immense et pleine de dangers (1994), Et la vie (1991).
"Le documentaire et la fiction, il n'y en a pas un qui est plus cinéma que l'autre, mais dans un film documentaire, on est devant quelque chose qui se passe maintenant, devant la caméra. Dans le
cinéma dont je parle, ni l'un ni l'autre, entre la personne filmée et le filmeur, on ne sait ce qui pas se passer : ça se construit devant la caméra. Les documentaristes vont voir des gens qui
lui raconte une histoire et cette histoire va être la base d'une scénarisation, puis il revient les voir pour en faire des "témoins de la vie". Mettre les gens en position de sujet, ce
n'est pas neutre. Je filme les gens car je suppose qu'ils savent des choses que je ne sais pas, sinon je ne sais ce que l'on irait voir chez eux. Ce que l'on touche, ce n'est plus de la connaissance, mais du savoir : ce que l'on sait de sa propre vie. C'est pour cela
que dêtre filmé, cela va intéresser les personnes que vous allez rencontrer. Mais pour cela il faut leur demander (au sens de leur poser des questions), c'est comme un kiné qui ne voudrait pas
faire mal : il ne faut pas perdre son temps avec quelqu'un qui ne vous ferait rien".
A écouter :
quelques mots sur l'écriture de films documentaires :
Denis Gheerbrant a présenté aux étudiants son film Le voyage à la mer (2001 - 87
mn):
les vacances du cinéaste
être un ciné- voyageur
Denis Gheerbrant : "L'écriture d'un film n'est pas un objet en soi : c'est ce
qui va permettre le film. Je fais un film pour comprendre la question que je me pose. Quand vous tournez dans un milieu qui n’est pas le votre, j’aime
bien dire que c’est "apprendre la langue" : les mots ne sont pas chargés des mêmes choses. De quoi sont-ils chargés ? Comment court-circuiter les représentations ? Qu’est-ce que c’est
une caméra dans tel ou tel champ social ? Est-ce que l’on va pouvoir faire un film ensemble ? Jusqu’où peut-on dire ? Qu’est-ce qui ne trahira pas ? "
A propos du film Le voyage à la mer
Samedi 16 janvier 2010
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25, 26, 27 janvier
Benoît Dervaux a réalisé les films documentaires Gigi, Monica et Bianca (1996, 84
minutes), La devinière (1999, 90 minutes), et A dimanche (2001, 56
minutes).
Benoît s'interroge sur l'outil pour chacun des films qu'ils réalisent (en vidéo) ou qu'il cadre (en cinéma), et sur son rôle de "corps filmant" : pour les films des frères Dardenne dont il est le
cadreur, il imagine, se construit "un personnage caméra" pour filmer Rosetta, ou Le fils. Lors de sa dernière venue à Lussas en 2008, il a expliqué aux étudiants qu'il refuse
l'idée de la caméra subjective et ses choix techniques se définissent à partir d'une démarche éthique : "Une caméra qui se glisse dans la peau d’un autre, c’est délicat. Comment savoir comment
voit autrui ? Je refuse l’ubiquité en documentaire parce que je fais un cinéma à hauteur d’homme et un homme n’a pas ce pouvoir là. De la même manière, je ne construis pas de montage
parallèle".
A lire : un entretien avec Benoît
Dervaux.
Samedi 16 janvier 2010
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20, 21, 22, 23 janvier.
Le Ciné-tract est un exercice réalisé en tourné-monté et destiné à faire avancer les questions d'écriture du projet de film que les étudiants développent en écriture tout au long de l'année. A
chaque fois, réinventé par Pierre Hanau, réalisateur et scénariste, le ciné-tract trouve son origine dans l’histoire des films politiques : il est destiné à susciter la discussion et l’action, il
permet aux étudiants de travailler l’écriture d'un film en filmant.
En préalable à ce "manifeste", les étudiants ont réalisé en images et en sons un exercice à partir d'une collecte de photos.

Mardi 15 décembre 2009
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Ce premier exercice de réalisation conçu, comme un film à part entière, est écrit et tourné par les étudiants
pendant 3 semaines du mois de décembre, puis montés pendant 2 semaines en janvier. Ils ont été accompagnés pendant toute cette période par Alain-Paul Mallard pour l'écriture et la réalisation et au
montage par Claire Atherton. Alain-Paul est écrivain et cinéaste, Claire est notamment la monteuse des films de Chantal Akerman.
A lire : l'entretien paru dans Vacarne où chantal Akerman
parle notamment de son travail avec Claire Atherton.
En présentant aux étudiants le film de Noëlle
Pujol et Andreas Bolm, All the children but one et en parlant de ce travail, Claire Atherton nous a dit, à propos du
montage : "Ah oui, c'était ça ! C'est là qu'on allait ! J'aime bien y aller de manière pas totalement consciente parce que je trouve que quand on est trop conscient, en tous cas moi quand je
travaille, quand je suis trop consciente de ce que je fais, j'ai l'impression que ça se voit, qu'on voit les ficelles. Je préfère ne pas trop savoir intellectuellement, raisonnablement, avec la
raison. J'aime bien sentir. En même temps ce n'est pas aller à l'aveugle, on est guidé par quelque chose. Si on est guidé par rien c'est qu'il n'y a pas eu d'écriture au départ, de vrai
désir."