Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /2009 13:52
On peut conjecturer que le documentaire banal serait plus fidèle, dans son indifférence au réel, que le documentaire de création qui, dans son parti pris d’un regard subjectif, voire d’une thèse, n’est souvent qu’une œuvre idéologique parfaitement traîtresse du réel, réel qui dans son intimité reste furieusement de marbre face à nos désirs. Bien sûr, le paradoxe n’est qu’apparent : il n’est pas difficile au documentaire banal d’être objectif s’il ne dit pas grand chose. Le documentaire de création, au moins, à une louable ambition : faire accéder le spectateur à la complexité. Distinguons deux sortes de documentaristes de création : le militant qui saisira et éventuellement tordra délibérément (ou inconsciemment, ce qui est pire) le réel pour servir sa thèse ; l’idéaliste, dont le but n’est que de servir la vérité (mot redoutable, mais qui a ici le sens positif d’une aspiration, d’une tension).

Alain Flageul

Le point de vue documenté parvient à révéler la raison cachée d’un geste, à extraire d’une personne banale et de hasard, sa beauté intérieure ou sa caricature. Il parvient à révéler l’esprit d’une communauté d’après une de ses manifestations purement physiques. Et cela avec une force telle que, désormais, le monde qu’autrefois nous côtoyions avec indifférence, s’offre à nous malgré lui, au-delà des apparences.Révéler la raison cachée et prolonger le regard au-delà des apparences, telle est encore aujourd’hui l’ambition du cinéma du réel.

Alain-Paul Fitoussi

Le documentaire de création est un document où le cinéaste se pose des problèmes de forme et pas seulement de contenu.

Nicolas Philibert
Retour à l'accueil

Images Aléatoires

  • histoire du documentaire 2007
  • Atelier de réalisation 2008
  • histoire du documentaire 2007
  • projection des films de fin d'études 2009
  • projection des films de fin d'études 2009
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés