Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 17:56
A Lussas, les réalisateurs de l'Atelier, Aurélie, Glawdys, Didier, Raymond, Frédéric et Stéphane, autour de la croix de St Laurent-sous-Coiron. Depuis 3 ans, Pierre Hanau, réalisateur et formateur, invente pour l'école documentaire de Lussas le parcours pédagogique de l'Atelier de réalisation pendant lequel Suzana Monteiro intervient avec une chambre noire et des sténéopés comme expérience singulière du paysage et de la pratique documentaire.



"Je suis entré dans la chambre noire et j’ai été fasciné par la nature de cette image, inversée haut-bas, droite-gauche. Peu importe l’image – c’était un citronnier - ce qui m’a intéressé c’était sa nature. Je me suis mis bille en tête dans l’idée de redresser cette image.

La chambre noire, aujourd'hui, qu'est-ce qu'on en fait ?

C'est outil privilégié pour être à l'intérieur de la caméra avant que l’image ne soit figée, où et quand c’est encore possible de la façonner et de l’éprouver physiquement en cherchant la distance, la place. Ça se dissipe, ça se précise… c’est flou… il y a le vent. Avec la chambre noire, on s’éloigne de la perception humaine, de ce que nos yeux ont l’habitude de regarder. On est plus loin quand on est dedans : tu recules alors tu as toujours besoin de te rapprocher… Tu commences toujours trop loin et tu t’approches toujours de ce que tu veux voir avec une vision plus large que ce que tu as l’habitude (une chambre noire, un sténopé voit à 180°).

C’est une recherche  pour venir petit à petit définir l’image sans la fixer. En habitant l’outil, cela créé une intimité avec l'expérience de la perception et de la fabrication de l’image là où l’outil technologique créé une distance et enregistre. On privilégie l'expérience au résultat. C'est un outil de construction de subjectivités : c’est pour ça qu'il ne sera jamais périmé.

Puis, tu plies ta tente, il n'y a plus d'image, elle n'est plus que dans ta tête".

Susana Monteiro, association "un atelier de cinéma quotidien".

Après l'exprérience de la chambre noire les réalisateurs ont fixé le paysage dans des sténopés qui posent notamment la question de la lumière : une relation sensible au temps qu'il fait, et à l'image qu'il donne, à la durée de prise de vue.




























Prendre le temps du regard.


Photos : V. Sorrel
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