
Un temps et un lieu
L’Atelier – créé en 2006 – est fondé sur les principes pédagogiques mis en pratique à Lussas depuis plus de quinze ans, notamment dans le cadre des Résidences d’Écriture ou du Master 2.
L’École documentaire de Lussas est un lieu de pratique et d’expérimentation. Sa pédagogie repose sur un ensemble d’alternances : entre élaboration collective et individuelle, entre expérimentation et définition rigoureuse des intentions, entre projet de réalisation et outillage expressif.
Cette méthode se concrétise par un travail constant sous forme de croquis audio et/ou visuels. Ces objets permettent, à tout moment, de mettre les intuitions à
l’épreuve d’une démarche de recherche, pour élaborer une intention et lui donner forme. Les équipements de l’École Documentaire – matériel de prise de vues et de sons, salles de montage, salle de
projection, salles de travail et informatique – sont à la disposition des participants de l’Atelier pendant toute sa durée. L’importante vidéothèque de Lussas – plus de 15000 titres – est un
outil essentiel qui permet de travailler quotidiennement à la lumière d’autres démarches cinématographiques.
La pratique et la place du projet
La pratique ne se définit pas comme une maîtrise technique visant à conformer une réalité donnée, mais comme une tentative d’accomplir dans le « faire » une expérience de la réalité. Autrement dit, réaliser : renouveler son propre regard comme celui du spectateur. Pour cela, il est nécessaire que le réalisateur se construise un outillage expressif adapté. C’est le programme et l’objectif premier de l’Atelier.
L’Atelier est avant tout un lieu d’expérimentation et non le lieu d’élaboration d’un projet. La participation à cette formation s’inscrit cependant dans un parcours de réalisation d’un film. À ce titre, il est possible de définir l’Atelier comme moment de « repérages ». Non pas ceux du contenu documentaire du film mais le repérage de questionnements de réalisation.
À mi-parcours de l’Atelier, une session est dédiée à la réalisation d’un « Manifeste ». Elle est conduite par un formateur référent d’Ardèche Images. Dans cette forme courte, chaque participant propose une esquisse qui témoigne – à travers son écriture cinématographique – des intentions, en l’état, de leur projet futur de réalisation.
La démarche de ce « Manifeste » vise à repérer les enjeux pratiques d’une intention de réalisation. C’est à cette étape que l’écriture sur le papier
trouve place à l’Atelier : en tant qu’elle est un outil pour documenter, repérer et élaborer un regard.
Le recrutement des stagiaires
La participation à l’atelier est ouverte à toute personne déjà engagée dans une pratique de réalisation et porteuse d’un nouveau projet de film documentaire à quelque degré de développement que ce soit (note d’intention, scenario développé, rushes, prémontage, etc.)
La sélection des candidats s’effectue sur présentation du projet de film associé à un document d’intention.
Le projet de film sera présenté dans une forme dont l’organisation est laissée au choix du candidat, mais n’excédant pas dix pages. Les candidats avancés dans la réalisation de leur projet pourront présenter un choix d’éléments audiovisuels. En outre, il est possible de joindre au dossier un travail de réalisation antérieure (2 copies DVD), de tous genres et durée confondues.
Dans le document d’intention, le candidat fait part de la réflexion à laquelle le conduit, ici et maintenant, le développement de son projet. Quelle est sa pratique ? Quels questionnements sont les siens à ce propos ?
Dans les mois suivants la formation, certains des projets pourront bénéficier des dispositifs mis en place par Ardèche Images pour favoriser la mise en production des films travaillés en formation (Rencontres producteurs, Rencontres diffuseurs et partenaires institutionnels, etc.). Une collaboration avec l’Association Périphérie permettra à certains films d’être soutenus par une résidence de montage.
Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger le dossier d’inscription sur le site d'Ardèche Images.
Agnès Bruckert, monteuse
- Accompagnement au montage d’esquisses tournées par les participants à l’atelier.
- Analyse du montage d’un film de J. Van der Keuken ; croquis à partir d’une séquence de « La Jungle Plate ».
- Présentation et analyse de films.
Julien Daniel et Suzanna Moriera
- Expérience de « chambre noire » dans le paysage.
Benoit Dervaux, cadreur et réalisateur
- Accompagnement à la réalisation d’esquisses.
- Présentation et analyse d’un travail personnel en cours.
Daniel Deshays, praticien et théoricien du son
- Collecte sonore et accompagnement à la réalisation d’un montage sonore.
- Recherche de séquences audio sur le thème du «personnage».
- Réalisation d’un montage image à partir d’un montage sonore.
- Présentation et analyse de films.
Olivier Dury, auteur-réalisateur
- Travaux autour d’un projet de film en cours.
François Fronty, critique, auteur-réalisateur : formateur référent
Marianne Fricheau, auteur, assistante de réalisation,
- De la représentation documentaire : travaux à partir de trois récits.
- Visions de films et travaux d’écriture autour de la question de la lumière.
Pierre Hanau, auteur-réalisateur : formateur référent
Michelle Humbert, critique, photographe
- Collecte de couleurs dans la campagne.
- Analyse de films autour de la question du lieu.
Laurent Laffran, preneur de son
- Atelier « écoute et son » : description d’un espace en plan séquence (identification des plans sonores et reconstruction de cet espace au montage).
Alain-Paul Mallard, écrivain, auteur-réalisateur
- Accompagnement à la réalisation d’esquisses.
- Visions et analyse de films.
Vincent Sorrel, auteur-réalisateur
- Exercices de montage aléatoire à partir des rushes des esquisses tournées par les participants à l’atelier.
- Présentation d’une recherche sur l’histoire du cinéma documentaire à travers les évolutions de l’outil caméra en lien avec l’esthétique des oeuvres.
Jean-François Ternay, réalisateur de films scientifiques et chercheur au CNRS
- « Voir l’Invisible : comment les images de science sont elles construites ? » Approche d’un cas particulier de l’image. Réflexion et pratique autour du visible et du visuel.